Signal efface enfin les traces d’appel que les messages éphémères laissaient subsister : une avancée pour le droit à la vie privée

Signal efface enfin les traces d’appel que les messages éphémères laissaient subsister : une avancée pour le droit à la vie privée

28 Juillet 2026

L'application Signal corrige enfin une anomalie majeure de confidentialité : les conversations éphémères oublient enfin les appels.

Les appels Signal laissaient jusqu’ici une trace persistante dans les conversations, y compris lorsque les messages éphémères étaient activés.

Cette incohérence est désormais corrigée : les événements d’appel respectent enfin le délai de disparition configuré dans le chat.

Mon cabinet avait mis en garde des clients contre cette lacune : prétendre offrir une conversation « éphémère » tout en conservant durablement l’historique des appels revenait à maintenir sur les appareils des interlocuteurs une métadonnée conversationnelle particulièrement révélatrice.

Heure, fréquence, appels manqués, appels acceptés ou refusés : même sans accéder au contenu chiffré de l’échange, ces éléments pouvaient documenter l’existence et la chronologie d’une relation.

C’est, à juste titre, de l’histoire ancienne pour les événements d’appel. La correction est salutaire. Elle comble une anomalie qui avait été tolérée de manière difficilement compréhensible par les développeurs de l'application qui est pourtant la référence en matière de confidentialité.

Cette anomalie était connue depuis 2019. Le 13 juillet 2019, un utilisateur avait signalé sur le dépôt officiel Signal-Android sur Github que, après expiration du délai de disparition, les messages étaient supprimés mais pas l’historique des appels. Son attente était parfaitement claire : ne rien conserver dans la conversation au-delà du délai choisi.

La réponse officielle de Signal, le 9 novembre 2019, indiquait que ce fonctionnement était alors volontaire : les « messages informationnels », notamment les appels, modifications de groupe et changements de minuteur, échappaient au mécanisme de disparition.

Cela pouvait pourtant mettre en danger des personnes.

Sept ans plus tard, Signal revient donc sur ce choix. Mieux vaut tard que jamais, mais il faut mesurer ce que cela révèle : le chiffrement de bout en bout ne suffit pas à garantir une confidentialité cohérente lorsque l’app conserve localement des traces persistantes que l’utilisateur croyait avoir choisi d’effacer automatiquement.

En juin 2026, des commits publics de Signal portant sur les appels 1:1 et de groupe avaient été repérés par le cabinet.Les versions de Signal intégrant la disparition des appels sont :
- Signal 8.18 sur Android, du 1er juillet 2026,
- Signal 8.21 sur iOS, du 23 juillet 2026,
- Signal 8.20 sur Desktop, du 23 juillet 2026.

Cette évolution rend enfin le comportement de Signal plus conforme à l’attente raisonnable que s'en font tous ses utilisateurs, notamment les avocats, journalistes, élus, militants, lanceurs d’alerte et responsables d’entreprise : lorsque l’on fixe un délai de disparition, celui-ci doit couvrir les traces de conversation les plus évidentes, y compris les événements d’appel.

Cette incohérence, longtemps assumée comme un comportement attendu par Signal, n’avait pas de justification satisfaisante.

Sources :

1) Call history not deleted when dissapearing messages is set #8923 - Github Signal-Android, issues.

2) Commit be80619 pour les appels 1:1.

3) Commit d586eff pour les appels de groupe.

Crédit image - Unsplash, Mika Baumeister (il convient de privilégier absolument un Pixel sous GrapheneOS).

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